Du lait à la valeur ajoutée

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Lothar J. Lechner Bazzanella Biovision, (images: Yusuf Msafiri)

Sécheresses, achats incertains et rendements fluctuants constituent des défis majeurs pour de nombreux producteurs et productrices de lait. Pour y répondre, Biovision soutient un projet en Tanzanie : avec des partenaires locaux, le lait collecté auprès de communautés massaïs est transformé sur place. L’objectif est de créer des structures plus fiables et d’assurer au quotidien davantage de stabilité aux familles massaïs concernées.

Dans de nombreuses régions rurales, le revenu ne dépend pas uniquement de l’élevage, mais également des étapes qui suivent la traite. Le lait frais doit être collecté, contrôlé et refroidi sans délai. Si les infrastructures ne sont pas adaptées, une partie de la production est perdue ou bradée.

C’est là qu’intervient le projet soutenu par Biovision, dans la région de Morogoro en Tanzanie, mis en œuvre avec des partenaires locaux. Il vise à structurer la transformation et la commercialisation du lait afin d’assurer des achats réguliers et de permettre à l’ensemble des parties prenantes de mieux anticiper et planifier leur activité. Une coopérative créée à cet effet occupe une place centrale : elle coordonne la transformation, garantit des conditions d’achat stables et instaure un climat de confiance.

Vue d’ensemble du quotidien des familles massaï dans la région de Morogoro, et de la manière dont l’action collective permet la production de lait même en période de sécheresse.

Pour transformer le lait, des procédures claires sont essentielles : horaires de collecte fixes, contenants propres et transport rapide sont aussi importants que les contrôles qualité systématiques. Bien qu’elles puissent sembler ordinaires, ces étapes sont déterminantes pour l’ensemble du processus. La coopérative veille à leur application rigoureuse : elle coordonne la collecte, garantit un refroidissement adéquat et facilite la transformation du lait en produits à forte valeur ajoutée. Les familles en retirent des bénéfices directs : amélioration du prix de vente, moins d’incertitude et meilleure capacité de planification, notamment en période de sécheresse.

À la laiterie, le lait cru est transformé en produits qui se conservent plus longtemps et se commercialisent plus facilement. Pour Biovision, ses organisations partenaires et les familles massaïs impliquées, cette transformation locale est essentielle : elle permet de maintenir la valeur ajoutée dans la région, créer des emplois, renforcer les coopérations et réduire la dépendance à l’égard des intermédiaires et des marchés volatils. Elle contribue ainsi à mettre en place des structures durables.

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