Des escargots à perte de vue, agrippés aux feuilles des caféiers, deux fois plus gros que les fruits eux-mêmes. Un fléau qui en dissimule un autre, puisque le gastéropode cohabite avec le scolyte du caféier, un coléoptère qui s’immisce dans les cerises de café. De quoi menacer l’existence des précieuses plantations et de leurs cultivateur·trices.
Pour la fondatrice de Plant Biodefenders, Never Mwambela, les produits phytosanitaires ne sont pas la solution, car trop chers et dangereux pour la santé et l’environnement. Certaines substances utilisées par les familles paysannes sont même interdites en Europe. « On manque de connaissances et d’alternatives naturelles », regrette-t-elle. C’est pour y remédier que la chercheuse a développé un pesticide à base de plantes : le Vuruga. Bon marché, sans danger pour l’humain et l’environnement, il fonctionne également sur la chenille légionnaire d’automne, qui menace des récoltes entières de maïs.
Formations et accompagnement local
En décembre 2024, Biovision a récompensé des entrepreneur·ses agroécologiques d’Afrique de l’Est à Kigali, la capitale du Rwanda, dans le cadre de l’Agroecological Food Futures Prize. La scientifique et entrepreneuse tanzanienne s’est vu décerner le premier prix pour son biopesticide. Depuis, Never Mwambela a investi les fonds reçus dans son activité : elle a ainsi pu augmenter de 50 % la production de Vuruga et financer les études nécessaires à son homologation pour une utilisation sur le caféier.
Elle et son équipe ont également pu mettre en place un programme de formation à la lutte naturelle contre les ravageurs, auquel près de 800 personnes ont déjà participé. À cet effet, l’équipe est allée à la rencontre de paysan·nes, parfois dans des régions reculées. Elle a formé et désigné des personnes de référence servant de points de contact locaux. Récemment, des centres de distribution ont par ailleurs été implémentés localement pour offrir un soutien et des outils aux familles paysannes.
Enfin, Never Mwambela et son équipe ont participé à des rencontres et à des marchés agricoles afin de faire connaître leur solution biologique à un large public.
Le café, une source de revenus essentielle
Le café est une culture de rente, autrement dit une culture commerciale principalement destinée à l’export, qui garantit un revenu aux familles paysannes. Le café peut donc contribuer de manière significative à l’amélioration de leurs conditions de vie. Il est essentiel pour les paysan·nes d’assurer non seulement leurs récoltes personnelles, mais aussi celles des produits d’exportation.
En une seule saison, les paysan·nes avec lesquel·les Never Mwambela et son équipe ont travaillé l’année dernière ont obtenu des améliorations impressionnantes sur leurs cultures. « Les récoltes sont passées de trois à quatre kilos de café par plante.
Et grâce à notre produit, les paysannes et paysans ont traité deux fois moins qu’avant, ce qui a permis de réduire les coûts », explique Never Mwambela. Associée à l’augmentation de la productivité, cette baisse des dépenses a fait progresser les revenus de 25 à 35 %. Sans oublier les effets bénéfiques de ce changement de paradigme sur la santé et l’environnement.
Portrait de Never Mwambela, CEO de Plant Biodefenders, et de la manière dont elle souhaite contribuer au bien-être et à la protection de l’environnement grâce à des solutions d’origine végétale.
Aujourd’hui, Never Mwambela est non seulement une scientifique mais aussi une entrepreneuse accomplie. Grâce à son efficacité et à sa clairvoyance, elle a réussi à décupler la valeur du prix qui lui a été décerné. Les 800 familles cultivatrices de café qu’elle a formées en Tanzanie en sont les premières bénéficiaires. Les gastéropodes, scolytes et autres ravageurs n’ont qu’à bien se tenir.
Pour en savoir plus sur Plant Biodefenders (en anglais) : ici