Une maladie mortelle en forte régression

Par

Peter Lüthi, Biovision

À Malindi, sur la côte kényane de l’Océan Indien, le risque de paludisme a nettement diminué. Le projet modèle de Biovision et de ses partenaires africains montre que cette redoutable maladie peut être contrôlée par des moyens écologiques.

Malaria Day 2019 en Kenia.

Le 25 avril est la Journée mondiale du paludisme. Dans les banlieues de Malindi et les villages environnants, il est célébré depuis des années avec des chants et des danses pour sensibiliser la population. C’est un grand jour, en particulier pour les membres des « Mosquito Clubs », principalement des filles. Elles ont chaque fois un public nombreux lorsqu’elles se produisent au cours de l’année. Les enfants des onze clubs de moustiques du sous-comté de Malindi agissent comme « ambassadeurs du palu ». Ils sont partie prenante du projet « Stop Malaria » que Biovision soutient depuis 2006. En musique et en rythmes, les jeunes transmettent à l’audience des infos sur la maladie et les moyens de la contrer. Dans leurs quartiers, ils s’engagent jour après jour pour inciter les gens à dormir sous des moustiquaires, à drainer les flaques d’eau et à ramasser les déchets plastiques.

Moins de moustiques – moins de palu

L’agent pathogène du paludisme (plasmodium) est transmis à l’être humain par les moustiques. Plus le nombre de moustiques porteurs est réduit, plus le risque d’infection est faible. « Stop Malaria », le projet commun de Biovision, de l’institut international de recherche sur les insectes (icipe) et de l’Institut de recherche médicale du Kenya (KEMRI), se concentre sur une lutte respectueuse de l’environnement. Il met l’accent sur la gestion des eaux où se reproduisent les insectes et sur l’interruption du cycle de la maladie entre moustiques et humains. Ce dernier objectif est notamment atteint grâce à l’utilisation systématique de moustiquaires.

Les cas ont nettement reculé

Dans les zones de projet de Malindi, les gens ont appris à appliquer des méthodes de contrôle de manière indépendante. Par exemple, Kahindi Mutsolwa, un éleveur de bétail âgé de 71 ans, a assaini son puits derrière la maison, car les moustiques se reproduisent dans les flaques autour du point d’eau. « Avant, nous étions piqués tous les soirs », se souvient-il. Et le « chant » lancinant des anophèles l’empêchait de dormir. « Maintenant, ajoute l’éleveur, il y en a beaucoup moins. J’ai à peine une ou deux piqûres chaque soir « . Le palu a régressé au même rythme. Les cas sont rares aujourd’hui dans la zone du projet.

La clé du succès: les Mosquito Scouts

Les traqueurs/euses de moustiques (Mosquito Scouts) sont largement responsables de cet énorme progrès. Aujourd’hui, 10 personnes sur les 16 formé-e-s dans le projet sont encore en activité. Rémunéré-e-s par une petite allocation, chacun-e est responsable de deux zones d’un kilomètre carré. Une fois par semaine, les Mosquito Scouts débusquent les foyers de moustiques et expliquent aux habitant-e-s les mesures dites de gestion intégrée des vecteurs (IVM *) à appliquer en saison des pluies.

Mwana Amani, une mère célibataire de trois enfants, revendeuse de légumes, est une Mosquito Scout de la première heure. Elle a maintenant 46 ans. Grâce à ses talents de sensibilisatrice, elle conserve une activité rémunérée de travailleuse communautaire. Par exemple, elle est chargé par les autorités ou des ONG de mener des campagnes contre la tuberculose, le VIH-SIDA ou la violence domestique.

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