Le bio c’est bon… aussi pour le climat!

Est-ce que vous avez entendu dire récemment : "Ton bio, c’est pas génial pour le climat" ? Ce genre d’affirmation ne résiste pas aux études sérieuses.


Par Martin Grossenbacher, responsable communication

[Translate to Français:] Margaret Karanja baut Biogemüse an - aus Überzegung

Cette photographie a été réalisée par Patrick Rohr lors de son voyage en Afrique de l'Est. Il a visité les plus beaux jardins biologiques d'Afrique et réalisé des portraits de la population locale. Lisez ici l'histoire de Margaret Karanja.

Ces derniers mois de nombreux médias ont publié des articles aux titres provocateurs du style "Le bio a des conséquences négatives sur le climat". Ils faisaient écho à une nouvelle étude de l'Université de Cranfield au Royaume-Uni comparant l'agriculture conventionnelle à l'agriculture biologique. Les chercheurs ont constaté - comme beaucoup d’autres avant eux - que pour produire une quantité équivalente de nourriture dans un scénario 100% bio, il faudrait plus de terres et on émettrait donc plus de CO2. Le bio serait donc un mauvais plan pour le climat?

Une étude suisse met les choses au clair

Adrian Müller, de l'Institut de recherche de l'agriculture biologique (FiBL), est parvenu à une conclusion différente il y a deux ans dans son étude : les méthodes bio, combinées avec l’abandon des fourrages concentrés, une baisse de la consommation de produits d'origine animale et une réduction du gaspillage alimentaire, peuvent jouer un rôle important dans un système alimentaire durable. On pourrait assurer ainsi, au niveau mondial, la nourriture de plus de 9 milliards de personnes d'ici 2050. L’utilisation de terres n'augmenterait pas, les émissions de gaz à effet de serre seraient réduites et les effets négatifs des méthodes intensives actuelles, comme les excédents d'azote ou les pesticides, diminueraient fortement.

Le climat dépend de mon assiette

À l'instar de l'étude du FiBL de nouvelles études d'organisations renommées* montrent ce qu'il faut faire pour réduire les émissions de CO2 des systèmes alimentaires: repenser rapidement notre manière de consommer. Par exemple  le rapport spécial du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'évolution du Climat) du mois d'août sur la relation entre le sol et le climat corrobore de manière saisissante ce que Biovision réclame depuis des années au vu de la sécurité alimentaire et de la préservation des ressources naturelles. Il faut un changement de cap en agriculture. Notre fondateur Hans Herren a ainsi réagit à cette étude du GIEC dans Le Temps (12 août 2019) en expliquant les transformations nécessaires à faire en faveur du climat tant dans les champs que dans l'assiette: notamment reduire les produits d'origine animale et éviter systématiquement le gaspillage alimentaire.

* Par exemple le rapport du Groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire de la FAO et le rapport du "Think Tank" IDDRI "Une Europe agroécologique en 2050 : une agriculture multifonctionnelle pour une alimentation saine." 


Biovision présente son étude à la COP25 de Madrid

Dès le 2 décembre, les représentants des gouvernements, des ONG, des instituts de recherche et de la société civile se réuniront à la Conférence de l’ONU sur le changement climatique (COP25) à Madrid. Biovision y présentera une nouvelle étude lors de plusieurs événements. Elle présente ce que les familles paysannes et les autorités d'Afrique subsaharienne peuvent faire pour assurer leur sécurité alimentaire et leur avenir malgré le réchauffement de la planète. L’étude a été menée conjointement avec la FAO et le FiBL (notamment avec Adrian Müller). Nous présenterons cette étude en détail sur notre site internet début 2020.

Biovision et le climat en Suisse et dans le monde

  • Le programme de consommation durable de Biovision, CLEVER, explique ces enjeux. Il donne des conseils pratiques pour contribuer à la durabilité et à la protection du climat par nos achats et nos habitudes alimentaires.
  • En Suisse Biovision s'engage pour les objectifs du développement durable (ODD) et pour une transformation du système alimentaire.
  • Martin Herren de Biovision (co-auteur de notre étude mentionnée ci-dessus) discute des interactions positives entre agroécologie et changement climatique au niveau mondial dans une interview et explique clairement les corrélations à l'aide d'une infographie.

 

L’agro-écologie, une solution à la crise climatique

Comment l'agroécologie contribue-t-elle à la protection du climat ? Comment l'écologie de la gélose renforce-t-elle la résilience ? Les infographies expliquent les liens et les synergies qui en résultent.