Préserver les sols: le temps presse!

Par

Anna Steindl et David Fritz, Biovision

La situation des sols se détériore sans cesse. Deux cinquièmes de l’humanité sont touchés par la dégradation des sols et ne peuvent donc plus profiter des services écosystémiques et de la productivité du sol. C’est ce que montre une étude récente. Mais il y a des raisons de garder espoir.

D’ici 2040, on estime que plus de 9 milliards d’hommes vivront sur la Terre. Les conséquences de la croissance rapide de la population se font déjà sentir sur les sols. L’une des causes principales de la dégradation des sols est l’agriculture industrielle. L’utilisation de lourdes machines, d’engrais synthétiques et de produits phytosanitaires chimiques entraîne une perte élevée d’espèces et de leurs services écologiques. C’est ce que montre aussi une étude de l’IPBES (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services) publiée en mars 2018, à laquelle ont participé plus de 100 experts de 45 pays. Au moins 3,2 milliards de personnes souffrent, aujourd’hui déjà, de la dégradation des terres. La demande croissante des consommateurs, l’exploitation des ressources, l’élevage intensif et l’urbanisation galopante érodent la santé des sols. (Voir aussi la nouvelle sur Rural21…)

Sombres perspectives, solutions claires

1,5 milliard d’hectares d’habitats naturels ont été transformés en surfaces agricoles jusqu’en 2014. Selon l’IPBES, il ne restera que 10% d’espaces naturels d’ici 2050. Au cours des 30 prochaines années, il y aura jusqu’à 700 millions de personnes qui devront se déplacer et s’installer ailleurs en raison de la dégradation des sols.

D’ici 2050, selon les experts, le rendement des cultures sera réduit de 10%, voire 50% dans certaines régions. Justement en Afrique subsaharienne, la dégradation représente un grand problème. Car la population y augmente rapidement et le changement climatique se fait déjà ressentir fortement.

Le temps presse, mais il n’est pas trop tard. Les auteurs du rapport recommandent d’augmenter les rendements sur les terres existantes, de manger moins de viande, d’acheter des aliments produits par l’agriculture biologique, et de minimiser les pertes de denrées alimentaires. Biovision poursuit ces mêmes buts avec son projet «Nachhaltig konsumieren» (Consommer durable).

S’aider soi-même, naturellement

Le travail de Biovision est étroitement lié à la problématique de la «dégradation des sols». Dans le cadre de l’Agenda 2030, nous nous sommes engagés à atteindre l’objectif de développement durable 15 (SDG 15):  réserver les écosystèmes terrestres et inverser le processus de dégradation des sols. Dans les projets en Afrique de l’Est, nous soutenons l’agriculture durable qui va avec la restauration des sols dégradés. En transmettant des connaissances sur les méthodes agroécologiques et des innovations holistiques, les habitants de des régions où sont menés les projets ont déjà un bénéfice direct: une alimentation saine et moins de pauvreté.

Nos nouvelles

Agriculture

Sécurité alimentaire en Éthiopie rurale

Dans le sud-ouest de l’Éthiopie, les familles paysannes luttent contre la perte des sols et les mauvaises récoltes. Ensemble, elles se battent pour limiter l’érosion. Diversifier leurs sources de revenus les rend plus résilientes aux crises.
Politique, Savoir

Le sol : la clé de la durabilité

Le sol est la base toute vie sur terre et joue un rôle essentiel dans la protection du climat. Découvrez dans cet article la multitude de fonctions étonnantes que le sol remplit et qui contribuent à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies.
Consommation, Savoir

Des produits chimiques dans vos pots de fleurs ?

Parmi les petits gestes simples qui permettent de profiter de sa séance de jardinage tout en préservant l’environnement vient l’étape du choix de son terreau. En effet, le terreau ordinaire contient fréquemment de la tourbe, des engrais minéraux et du phosphore.
Agriculture, Savoir

Il est temps de nourrir le sol

Lutter contre la faim, préserver la biodiversité et s’adapter au changement climatique : l’agriculture des régions tropicales doit elle aussi relever des défis aussi urgents qu’importants. Les solutions sont bio et germent juste sous nos pieds.