Push-Pull : la tentation fatale des parasites et ravageurs


Les plantes et les insectes communiquent sans cesse – par exemple avec des appels ou de fausses promesses. C’est ce dont tire parti la méthode Push-Pull.


Depuis 2006, la méthode de culture Push-Pull pour le maïs et le mil a été utilisée avec succès en Afrique orientale : elle fournit des rendements nettement supérieurs grâce à la
lutte biologique contre les parasites, à une meilleure fertilité du sol et à une alimentation saine pour le bétail. Mais comment cela fonctionne-t-il ?

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Qui a développé Push-Pull?

Ce système a été mis au point vers l'an 2000 dans notre institut partenaire icipe à Nairobi, sous la direction du professeur Zeyaur Khan. A Biovision, lorsque nous en avons entendu parler, nous avons d’emblée saisi que cette méthode colle parfaitement à notre vision: des aliments sains produits par des personnes en bonne santé dans un environnement sain.

La sous-alimentation et la malnutrition sont d’énormes problèmes en Afrique subsaharienne. Est-ce que Push-Pull peut y remédier?

La méthode offre aux producteurs/trices de maïs la possibilité d'augmenter nettement leur rendement, ce qui libère aussi des surfaces cultivables. Les conseillers/ères encouragent les agriculteurs/trices à exploiter celles-ci avec d’autres cultures. Cela favorise la diversité de même que la sécurité alimentaire tout en minimisant le risque de tout perdre en période de sécheresse ou de mauvais temps.

Est-ce que chaque paysan-ne d'Afrique subsaharienne peut et doit adopter Push-Pull?

Pas nécessairement. Chaque ménage rural constitue son propre univers, avec ses forces et ses faiblesses. Certains ont une affinité pour les poulets, d'autres pour le bétail, d'autres pour le chou. Une famille a de bonnes terres mais pas assez de mains pour aider, une autre manque d’argent pour les semences et une autre a besoin de fourrage. Mais si une famille paysanne tient à cultiver du maïs ou du mil, cette méthode lui apportera toute une série d’avantages 

Push-Pull est déjà utilisé en Afrique de l’Est, mais cette méthode reste encore inconnue dans bien d’autres régions. Quel est son potentiel ?

Push-Pull a encore un immense potentiel car la méthode résout différents problèmes : les infestations de parasites, l'herbe de sorcière, le lessivage du sol. En prime, là où les pâturages sont rares, elle fournit du fourrage pour les animaux.

Que fait Biovision pour exploiter ce potentiel?

Nous travaillons pour faire connaître la méthode aux paysan-ne-s. Et nous élaborons avec eux, ainsi qu’avec nos partenaires sur le terrain, des méthodes adaptées aux conditions locales. Nous devons aussi faire face au goulot d'étranglement dans la production de semences pour les plantes auxiliaires, le desmodium et l’herbe à éléphant. Nous collaborons avec les producteurs de ces semences pour veiller à ce que ceux qui appliquent la méthode puissent y avoir accès.