Nous voulons encore apprendre !

Portrait d'une dame de cœur et d’esprit à la main verte. Elle affirme aujourd'hui avec assurance: «Je m’occupe moi-même de ma famille et j'en suis fière!»

Meng Tian, Communication

Elle s’excuse en nous accueillant : elle n’a pas pu nettoyer. Son beau-frère est mort il y a quelques jours, et maintenant tout est un peu détraqué. Eunice Kimiya, mère de quatre enfants, héberge la famille en deuil pendant une semaine. Avec la préparation des funérailles, l’hôtesse est très sollicitée.

Cette paysanne de 50 ans n’a pas beaucoup dormi. Et ça, ce n’est pas nouveau pour elle. Sa journée commence à cinq heures et se termine à dix heures du soir. Mais depuis peu, se lever le matin est devenu plus facile. Car elle a de nouvelles tâches épanouissantes : son jardin potager et son travail de conseillère en santé. « Autrefois, nous n’avions pas réalisé le besoin d’une limentation variée, explique-t-elle. Nous savions seulement qu’il y a de l’amidon, des protéines et des vitamines. »

Dans le projet « Diversité au champ comme dans l’assiette », Eunice a appris à connaître et à apprécier toutes sortes de légumes-feuilles traditionnels. Jusqu’alors, comme beaucoup de familles paysannes de la région, elle cultivait surtout du maïs, des ignames et des bananes. Maintenant, la liste des plantes s’est bien allongée : épinards, haricots niébé, chou frisé, amarante, légumes araignée, morelle noire, Crotalaria, corète potagère, citrouille, carottes, oignons verts et autres.

Gagner sa vie, transmettre le savoir

Non seulement elle est très contente de cultiver tous ces légumes, mais elle produit aussi des graines. Leur vente est devenue une nouvelle source importante de revenus pour la famille. « Je passais tellement de temps et d’argent à aller au marché et acheter des légumes. Maintenant je n’ai plus à faire ça. Je prends soin de ma famille moi-même, et j’en suis fière », affirme cette femme super-énergique. Et quel est son souhait pour la siens ? La réponse fuse : « Je souhaite une famille en bonne santé. Saine et éclairée ! »

 

Eunice sait qu’elle doit le succès de ses légumes au projet. Elle le transmet aujourd’hui comme conseillère de santé bénévole à d’autres membres de sa communauté. La paysanne va de porte en porte, partage son expérience de la culture des légumes et informe sur l’importance d’une alimentation variée. « Il y a des gens ici qui ne savent ni lire ni écrire. Pour eux, une éducation des adultes comme celle-ci est très importante », soulignet-elle. Epouse d’un enseignant, elle connaît la valeur du transfert de connaissances. Son mari, à son tour, a commencé à intégrer le savoir nutritionnel dans ses leçons. Pour Eunice, c’est clair : le projet devrait continuer : « Nous voulons encore apprendre ! » Avec la construction prévue d’un centre de consultation dans les environs, son voeu se réalisera bientôt.