Margaret convainc sa famille et ses amies

Margaret Karanja, une retraitée du Kenya, est passée de l'agriculture conventionnelle à l'agriculture biologique. Elle est convaincue de ses avantages pour la santé... et de son meilleur goût. Maintenant, elle "convertit" également son voisinage. L'été dernier, cette agricultrice a posé pour le calendrier Biovision 2019 du photographe Patrick Rohr.

Margaret Karnja (à gauche) avec sa belle-fille et petite-fille.

S'il devait exister des ambassadrices pour les jardins bio, Margaret Karanja, 62 ans, serait parfaite. Cette professeure d'anglais, retraitée depuis peu, y a pris goût il y a trois ans. « J'avais bien sûr déjà entendu parler du jardinage biologique, mais l'idée ne me serait jamais venue que cela pourrait être quelque chose pour ma famille et moi. » Mais depuis que les médias kenyans rapportent de plus en plus que beaucoup de gens meurent à cause d'une mauvaise alimentation, elle voit l'utilité d'une nourriture saine: « On dit qu'environ la moitié des gens qui meurent du cancer sont tombés malades à cause des produits chimiques dans les denrées alimentaires. »

Au Kenya, comme dans de nombreux pays africains, les engrais et pesticides chimiques sont souvent utilisés en excès, avec des conséquences dévastratrices pour la santé publique. « Nous devons faire quelque chose là-contre, aussi pour les générations futures », dit Margaret en regardant sa petite fille Makayle de quatre ans.

Les voisines Teresiah Wanjiku Kimani et Mary Njoroge reçoivent des légumes frais de Margaret.

Margaret a fait ses premiers essais bio dans son jardin un peu en-dehors de Nairobi avec ses tomates, et elle a rapidement été enthousiaste. « Les tomates bio avaient un tellement meilleur goût que les autres, et elles étaient bien juteuses. »

Depuis, elle a aussi réaménagé son jardin potager et d'herbes aromatiques derrière sa maison. Et il y quelques semaines, elle a aidé sa belle-fille Marion Kirika, 32 ans, à aménager complètement son jardin en bio. « Ensuite, ce sera au tour de mes amies Teresiah et Mary », déclare-t-elle avec un sourire. Ces deux-là sont passées chercher quelques légumes. « Je vais essayer, dit la voisine Teresiah Wanjiku Kimani, les légumes de Margaret et Marion ont tellement bon goût. »