10 ans après le Rapport mondial sur l'agriculture : que fait la Suisse?

25.06.2019

Dix ans après avoir signé le Rapport mondial sur l'agriculture (IAASTD), qu'a fait la Suisse pour en appliquer les recommandations? Maya Graf, membre du Conseil de la Fondation Biovision et conseillère nationale, demande au Conseil fédéral de s’expliquer.


Où en est la Suisse 10 ans après la signature du Rapport IAASTD sur l'agriculture, commandé par l’ONU et la Banque mondiale? Conseillère nationale des Verts (BL), Maya Graf, qui siège aussi au Conseil de la Fondation Biovision, demande des précisions au gouvernement. Son postulat (voir texte ci-dessous) réclame des informations sur "la manière dont on a mis en œuvre les objectifs visés, en particulier la production et la consommation durable". Le Conseil fédéral dispose d'un délai de deux ans à compter de la transmission de la demande du Parlement pour donner suite à ce postulat,

Peu après la publication du rapport, Maya Graf avait déjà déposé un postulat demandant au Conseil fédéral de préciser comment il entendait en appliquer les conclusions. A la fois dans la politique agricole nationale et sur le plan global, en lien avec la coopération au développement, la recherche, l’innovation et le commerce. En 2010, le Conseil fédéral avait rendu un rapport: télécharger le rapport (document en allemand)


Texte complet du postulat Maya Graf du 21 juin 2019 (Postulat dans la base de données CURIA VISTA officielle - traduction Biovision)

Dix ans après la signature du Rapport mondial sur l'agriculture IAASTD - Bilan et perspectives en lien avec la mise en œuvre des Objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 de l'ONU

 

Le Conseil fédéral est invité à expliquer dans un rapport comment il a mis en œuvre les recommandations du Rapport mondial sur l’agriculture IAASTD de 2008 au cours des dix dernières années. En outre, il devrait indiquer quelles autres mesures sont prévues pour concrétiser en Suisse les principales demandes de l'IAASTD, dans le sens d’une contribution aux Objectifs de durabilité de l’Agenda 2030.

En 2008, l'IAASTD (Evaluation internationale des connaissances, des sciences et des technologies agricoles pour le développement) a appelé la communauté internationale à des changements fondamentaux dans l'agriculture. Avec mon postulat 08.3269 Rapport mondial sur l'agriculture de l'ONU et le postulat Stadler 08.3270 Crise alimentaire, le Conseil fédéral avait été prié de présenter un rapport sur la manière dont la Suisse entend mettre en œuvre les conclusions de l’IAASTD dans la politique agricole nationale ainsi qu’à l’étranger, dans le cadre de la coopération internationale, de l’encouragement de la recherche, de la promotion de l'innovation et de la politique du commerce extérieur.

Le Conseil fédéral a réagi au postulat en présentant un "Rapport sur la crise alimentaire et la pénurie de matières premières et de ressources" du 19 août 2009. Le Conseil fédéral doit maintenant montrer comment les objectifs visés, en particulier la durabilité de la production et de la consommation, ont été mis en œuvre. Et cela aussi dans le cadre du nouvel article constitutionnel 104a, lettre d, qui prévoit " des relations commerciales transfrontalières qui contribuent au développement durable de l'agriculture et du secteur agroalimentaire".

Le document de discussion du Comité national suisse de la FAO intitulé "L'agroécologie comme moyen d'atteindre les Objectifs de développement durable" a indiqué au Conseil fédéral comment la Suisse peut, en encourageant l'agroécologie, accélérer le développement durable et contribuer de manière substantielle à la réalisation de l’Agenda 2030 à travers son engagement international.

Que fait le Conseil fédéral sur le plan national pour atteindre ces objectifs, notamment dans le domaine des systèmes alimentaires durables (production et consommation)? Quelle proportion de ce que le Conseil fédéral a prévu a déjà été mise en œuvre? Où sont les retards? Où le Conseil fédéral fixe-t-il les priorités pour la mise en œuvre dans les années à venir?