De l’ombre à la lumière

À onze heures moins dix, Tausi Maginila et celle qui l’accompagne Madogo Issa, arrivent au marché de Mkujuni – bien trop tard pour le commerce de légumes. Mais les deux paysannes tanzaniennes s’en fichent car elles viennent pour une séance photo.

De Peter Lüthi, Communication

Patrick Rohr, le célèbre photographe suisse, est déjà là depuis longtemps et attend ces deux femmes impatiemment. Il aurait voulu prendre une photo du marché avec elles dans la lumière ambiante du matin pour le calendrier anniversaire de Biovision. Mais plus le soleil se lève, plus Rohr devient nerveux. Quand Tausi Maginila, 35 ans, et sa collègue Madogo Issa, 60 ans, arrivent enfin près de lui, la lumière est définitivement trop vive, et les ombres trop sombres. Les informations concernant la séance de photo étaient malheureusement parvenues incomplètes aux paysannes. Est-ce qu’elles sont venues en vain au marché? Elles ont déjà vendu leurs légumes depuis longtemps - directement à la ferme.

Le photographe réagit rapidement. Il transpose le lieu de prise de vue dans la grande halle du marché. Les conditions de lumière sont équilibrées. Mais pour une photo de calendrier, l’atmosphère de la halle vide ne suffit pas.

Légumes Bio champions des ventes

Après le shooting, Tausi Maginila raconte qu’elle travaille depuis 2015 avec des méthodes écologiques. Avec ses légumes Bio, elle a tout de suite fait sa place dans ce marché de niche. À la maison, elle gagne pour ses produits au moins 20% de plus qu’au marché. „Les légumes Bio sont une source de revenu indispensable, et ils sont importants pour mon alimentation et ma santé, comme celles de ma famille“, dit-elle.

Tausi Maginila et Madogo Issa ont ainsi posé les bases du succès en tant que productrices de légumes avec une formation de „Sustainable Agriculture Tansania“ (SAT). Auprès du partenaire de projet de Biovision depuis des années, elles ont tout appris sur la culture des variétés anciennes et modernes de légumes de qualité Bio. La production de compost et d’engrais liquide à partir de plantes, le travail du sol correct, la mise en place de terrasses, de haies et de cultures associées, mais aussi la lutte naturelle contre les ravageurs avec une préparation fait maison de moyens de pulvérisation à base de plantes, sont au programme des cours. Ces derniers ont été complétés par une formation pour la commercialisation des produits et l’introduction d’un système d’épargne et de prêt au sein du groupe de paysans.

„SAT m’a ouvert les yeux“

„La formation était très bien et m’aide à accroître nos revenus,“ explique-t-elle avec reconnaissance. Et Madogo Issa d’ajouter : „J’ai beaucoup appris dans le domaine de l’agriculture biologique et je suis devenue entrepreneuse. Avant la formation, je stagnais dans l’ignorance. SAT m’a ouvert les yeux et m’a permis d’améliorer ma vie“.

P.-S. :

Comme on pouvait s’y attendre, les photos de Tausi Maginila et Madogo Issa n’ont pas été intégrées dans le calendrier de Biovision. Heureusement, Patrick Rohr avait efficacement utilisé son temps d’attente. Sa photo pour le mois de mars représente le marché de Mkujuni avec la paysanne Aziza Mrisho et ses légumes Bio.

  • La paysanne Madogo Issa. (Photo: Patrick Rohr)
  • Madogo Issa et Tausi Maginila dans le marché des fruits et légumes. (Photo: Patrick Rohr)
  • La paysanne Tausi Maginila. (Photo: Patrick Rohr)
  • Le photo pour le mois de mars: Le marché de Mkujuni avec l'agricultrice Aziza Mrisho et ses légumes biologiques. (Photo: Patrick Rohr)

„SAT m’a ouvert les yeux“

„La formation était très bien et m’aide à accroître nos revenus,“ explique-t-elle avec reconnaissance. Et Madogo Issa d’ajouter : „J’ai beaucoup appris dans le domaine de l’agriculture biologique et je suis devenue entrepreneuse. Avant la formation, je stagnais dans l’ignorance. SAT m’a ouvert les yeux et m’a permis d’améliorer ma vie“.

P.-S. :

Comme on pouvait s’y attendre, les photos de Tausi Maginila et Madogo Issa n’ont pas été intégrées dans le calendrier de Biovision. Heureusement, Patrick Rohr avait efficacement utilisé son temps d’attente. Sa photo pour le mois de mars représente le marché de Mkujuni avec la paysanne Aziza Mrisho et ses légumes Bio.