Se basant sur les résultats de la conférence Rio+20 en juin 2012, Biovision s’engage pour un changement de cap dans l’agriculture, au niveau global comme au niveau national.
Sur le plan global, Biovision participe à Rome avec le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) à la rédaction d’une déclaration post-Rio+20. Le but pour Biovision est de s’assurer que le CSA s’approprie le rôle qui lui a été confié et soutienne les Etats intéressés par un examen de leurs politiques agricoles.
Sur le plan national, Biovision, en collaboration avec le Millenium Institute, procèdera à l’évaluation du secteur agricole de trois pays d’Afrique dans les deux ans à venir.
Contexte
Aujourd’hui, près d’un milliard de personnes souffrent de malnutrition. En plus, la volatilité des prix des aliments de base sur le marché des matières premières entraîne de graves conséquences sur la sécurité alimentaire internationale. Dans les pays en développement, 70% des pauvres vivent en zone rurale et dépendent directement ou indirectement de revenus liés à l’agriculture. Selon le Rapport 2008 sur le développement mondial de la Banque mondiale, les investissements dans l’agriculture contribuent davantage à la croissance du produit intérieur brut (PIB) et à la réduction de la pauvreté que les investissements dans d’autres secteurs. Par ailleurs, le Rapport mondial sur l'agriculture (IAASTD) a appelé en 2008 à un changement de paradigme dans les politiques et les pratiques agricoles: pour réduire la faim et la pauvreté, pour améliorer les conditions de vie rurale, il faut mettre la priorité sur les petits paysans, sur des méthodes de culture adaptées localement et sur la multifonctionnalité de l’agriculture.
Pour que le changement de cap demandé par le Rapport IAASTD devienne réalité, Biovision et le Millenium Institute s’engagent à plusieurs niveaux en faveur d’une agriculture durable.
Pour atteindre cet objectif, Biovision s’est d’abord impliqué sur le plan global : durant les négociations précédant la conférence Rio+20, Biovision et ses partenaires ont fait la promotion d’une agriculture durable et de l'agro-écologie. Ils ont demandé qu’une organisation internationale soit mandatée pour conseiller les Etats souhaitant réorienter leur politique agricole.
Le travail de Biovision a porté ses fruits. Résultat concret, la Déclaration finale de Rio+20 contient les paragraphes suivants :
§ 111 : « Nous réaffirmons qu’il faut promouvoir, améliorer et appuyer l’agriculture durable, y compris les cultures, l’élevage, la sylviculture, la pêche et l’aquaculture, qui améliore la sécurité alimentaire, contribue à éliminer la faim et qui est économiquement viable, tout en conservant la terre, l’eau, les ressources génétiques végétales et animales, la biodiversité et les écosystèmes, et en améliorant la résistance aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles. Nous constatons également qu’il faut préserver les processus écologiques naturels sur lesquels reposent les systèmes de production alimentaires. »
§ 115 : « Nous réaffirmons l’importance des travaux du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, notamment son rôle dans la réalisation des évaluations conduites par les pays sur la production alimentaire durable et la sécurité alimentaire. (…)»
A la base de ce succès: en mars dernier, durant les discussions préparatoires de Rio, Biovision et le Millenium Institute ont organisé à New York une table ronde sur la sécurité alimentaire et l’agriculture durable, avec la collaboration de la Direction du développement et de la coopération (DDC), de la Fondation Mercator Suisse, de la World Society for the Protection of Animals, de la Fondation Heinrich Böll, du Fonds pour le développement et du More and Better Network. Cette rencontre a rassemblé près de 80 participants de haut niveau (gouvernements, organisations internationales, scientifiques, ONG). Ils ont défini une vision commune sur les résultats à atteindre à Rio+20 en matière de sécurité alimentaire et d’agriculture durable.
La déclaration de NewYork, Nourish our People – Nurture our Planet ("Nourrir nos populations, entretenir notre planète") a un impact sur le processus de Rio. Elle affirme qu’un changement de cap dans l’agriculture et les systèmes de production alimentaire est nécessaire et qu’une large coalition d’acteurs doit constituer un cadre favorisant des comportements de consommation durables. Elle demande aussi que le lien entre la politique et la science soit renforcé, qu'un leadership soit assumé par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) et que les résultats soient vérifiés par un système de contrôle indépendant.
La déclaration de la table ronde réclame un Programme d’action de l’ONU pour l’agriculture qui encourage un développement rural basé sur une biodiversité élevée en améliorant la situation des petits paysans et des femmes.
Cette déclaration a nettement renforcé la position de Biovision et de ses partenaires durant le sommet Rio+20.
Plus d’informations sur www.change-agriculture.org
Interview avec Hans Rudolf Herren dans le magazine 'environnement' de l’OFEV.
En anglais :
Facts & Figures on Sustainable Agriculture (PDF)
Numéro du projet:
BV IS-10
Télécharger: Documentation (PDF)
David Nabarro (Special Representative of the UN Secretary General for Food Security and Nutrition) Text Video Statement (PDF)
Oliver de Schutter (United Nations Special Rapporteur on the Right to Food)